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CGT Cochin

blog de la CGT de l'Hôpital Cochin

1906, Le congrès de la Charte d’Amiens

Publié le 17 Avril 2023 par CGT Cochin in Textes fondamentaux, définitions de base, Histoire

1906, Le congrès de la Charte d’Amiens
I — Le texte adopté par 830 voix pour contre 8 voix et un bulletin blanc.


« Le congrès confédéral d’Amiens confirme l’article 2, constitutif de la CGT. La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte pour mener à la disparition du salariat et du patronat… ;
Le congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière ;
Le congrès précise, par les points suivants, cette affirmation théorique : dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc.
Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme ; il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance sera, dans l’avenir, groupement de production et de répartition base de réorganisation sociale ; le congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait de tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat.
Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le congrès affirme l’entière liberté pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à des formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu(il professe au-dehors.
En ce qui concerne les organisations, le Congrès décide qu’enfin que le syndicalisme atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté, la transformation sociale. »

II — Le texte concurrent rejeté par 724 voix contre, avec 34 voix pour et 37 blancs

« Le Congrès confédéral d’Amiens,
Considérant que les organisations syndicales poursuivent l’établissement d’une législation qui améliore les conditions de travail et qui perfectionne les moyens de lutte du prolétariat.
Considérant, d’autre part, que si la pression, l’action directe exercées par les syndicats sur les pouvoirs publics ont une valeur indiscutable, il est au moins aussi vrai qu’elles ne sauraient être suffisantes et que l’action menée au sein même des assemblées qui ont pouvoir de légiférer est un complément nécessaire que, seul un parti politique est en état de fournir.
Considérant que le Parti socialiste — organisation politique du prolétariat — poursuit la réalisation des revendications syndicales et seconde la classe ouvrière dans les luttes qu’elle soutient contre le patronat, qu’il est donc le « parti » qui mène cette action complémentaire.
Le Congrès se prononce en faveur d’un rapprochement entre la Confédération générale du Travail et le Parti socialiste. IL décide que chaque fois que les deux organisations seront d’accord sur le but à atteindre, l’action des syndicats pourra se combiner temporairement, par voie de délégation avec celle du Parti socialiste, sans que ces deux organisations puissent jamais se confondre.
Le Congrès, malgré son désir d’entente, croit cependant prématurée la réglementation des rapports entre les deux organisations, par la création d’un organisme quelconque, et préfère s’en remettre aux évènements du soin de préparer celui qui sera le meilleur, parce qu’il sortira des faits eux-mêmes.
D’ailleurs, le Congrès constatant que dans maintes circonstances et dans de nombreux centres l’entente existe, ou est en voie de réalisation, enregistre avec plaisir cette tendance vers l’harmonie des efforts ; fait des vœux pour qu’elle s’accomplisse et décide d’attendre, pour la création du rouage qui faciliterait les rapports de la Confédération générale du travail avec le parti socialiste, le moment où l’entente entrée définitivement dans les mœurs se sera imposée à tous comme une nécessité évidente.
En attendant et dans l’espoir que le Parti socialiste usera de réciprocité, le Congrès demande aux militants de mettre fin à des polémiques qui, en divisant les forces ouvrières, en lassant les énergies, servent seulement les intérêts du patronat et du régime capitaliste. »

Sources
:

coll. Les congrès de la CGT, Institut CGT d’histoire sociale, sept. 1983

https://www.gaucherepublicaine.org/respublica-idees/respublica-debats-politiques/congres-cgt-loin-dun-grand-fleuve-tranquille-2e-partie/7433566

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